Commentaire
Avec 53% obtenus globalement au 1e tour des municipales d’Hénin-Beaumont, la gauche, dans sa diversité, a des arguments à faire valoir aux électeurs pour leur montrer qu’il n’est pas trop tard. Certes, la multiplication des listes à gauche à côté de celle d’union conduite par le socialiste Pierre Ferrari n’a pas été de nature à clarifier un scrutin aux enjeux particuliers : les appétits du FN et de Marine Le Pen. En outre, il est permis de comprendre le désarroi des électeurs de gauche après l’incarcération du maire socialiste élu l’an passé. Entre accusation de détournement de fonds et une gestion épinglée par la Chambre régionale des comptes, l’électorat de gauche a sans doute gonflé le taux des abstentionnistes. Rien n’est donc fait. La gauche , dans la clarté, doit vite tirer les enseignements de tels égarements. Elle doit aussi donner un visage d’union aux électeurs déboussolés. Dans ce contexte, l’appel à un front républicain pour faire face à l’extrême droite est à saluer. Il est indispensable. De nombreux habitants de villes un temps gérées par le FN peuvent témoigner qu’il ne s’agit pas de conséquences anodines. C’est pourquoi, après le front républicain porté spécifiquement par la gauche à la présidentielle de 2002 pour faire barrage à Le Pen père, l’honneur du gouvernement aurait exigé que la ministre de l’Enseignement supérieur ne se fasse pas prier ce lundi pour appeler aux côtés des ténors de l’UMP à battre la liste du FN dans le Pas-de-Calais. PIERRE BASTIEN