Commentaire
La droite la plus réactionnaire que la France n’ait jamais eu, si on occulte la période pétainiste, n’a que faire d’un peuple penseur qui manierait le doute comme une seconde nature. Mais le doute n’est-il pas le moteur de l’intelligence ?
Interrogeons-nous. Réforme des programmes, de l’école maternelle, des lycées, autonomies des facultés, autant dire leur privatisation etc. Que cherche le gouvernement et Nicolas Sarkozy avec leurs réformes de l’Education nationale ?
Il ne s’agit pas, comme leurs prédécesseurs de marquer leur passage à la tête de ce ministère mais bien de transformer en profondeur la société, les futurs adultes qui vont la composer. En fait, ils veulent une main d’œuvre taillable et corvéable à merci. Des individus aptes, rapidement, à entrer sur le marché du travail, sans trop réfléchir. Ils veulent des cerveaux bien remplis pour être efficaces et rentables immédiatement. Pas de temps morts pour la réflexion et la pensée. Ils n’ont que faire de têtes bien faites. Et là, les mots prennent tout leur sens. Avec l’éducation (educatio en latin) on forme (on formate ?), on dresse.
Mais si on choisit l’instruction, tout change. Et ce n’est pas qu’un glissement sémantique. Instruire (instructio en latin), c’est-à-dire bâtir, construire. Aider, l’homme et la femme de demain à être libre d’avoir le pouvoir de décider de ce qu’ils vont faire de leur vie et comment. Donner à chacun, tous les éléments, toutes les clefs pour devenir pleinement des citoyens aptes à exercer leur libre arbitre. Bref, un peuple qui pense et qui agit de son plein gré, en toute conscience.
MAURICE BRANDI |