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C'est où, quand, combien et avec qui?
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Canto, l’artficionadoVous le pensiez acteur ? Peintre ? Footballeur ? Vous aviez raison et tort à la fois. Sa série de clichés de corrida exposés dans le hall de la Fiesta des Suds montre qu’Eric Cantona est bien plus que ça. C’est un artiste, tout simplement.
Dans le choix du sujet d’abord. La corrida, cérémonial hors du temps, qui mêle l’humain et l’animal, la sueur et le sang. Demandez-lui quand la fièvre taurine l’a attrapé, il ne saura vous répondre. A Montpellier peut-être, ou à Malaga. Dans le fond, qu’importe. « Il y a dans la corrida tout ce que j’aime. Le courage, la montée d’adrénaline, la sincérité. Les toreros ne sont pas les mêmes mecs en habit de lumière et en civil. Leur état change avant d’entrer dans l’arène et plusieurs fois même. J’ai fait ce travail en essayant de faire passer l’état dans lequel la corrida me met. » Dans tous ses états visiblement. Au point de ne proposer qu’une seule photo du public, chapeaux tendus, « parce qu’il faut se détourner de la corrida, se retourner pour prendre le public ».
Question de vie et de mort
Dans son traitement ensuite. Là où d’autres ne voient dans la tauromachie que l’éclat de la couleur, Canto, lui, immortalise les passes genoux à terre de Padilla et la balafre de José Tomas en noir et blanc. Parce que « la corrida, c’est la vie et la mort, c’est noir et blanc. Et puis en photo, j’ai toujours préféré ça à la couleur ». Comme l’argentique au numérique d’ailleurs. Parce que « le numérique, ça change le sens de l’observation. J’ai fait un film avec Ken Loach récemment et, lui, monte encore à l’ancienne, en collant sa bobine. Tout ça parce qu’il a besoin de temps. C’est pareil pour moi en photo ».
S’il a choisi la Fiesta pour exposer son travail, c’est parce que « c’est un lieu atypique, avec une belle programmation. Du coup, je suis très fier d’être ici ». Artiste parmi les artistes.
PAUL GOIFFON/Photo MARIE-LAURE THOMAS
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La playlist de la Fiesta 2008 |
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