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Euroméditerranée en crise de confiance
03-12-2008
 

 

L’assistance a exprimé sous de multiples formes, parfois plus que passionnées, une considérable aspiration à voir à l’œuvre « une véritable concertation ». (Photo MIGUE MARIOTTI)
L’assistance a exprimé sous de multiples formes, parfois plus que passionnées, une considérable aspiration à voir à l’œuvre « une véritable concertation ». (Photo MIGUE MARIOTTI)
2e et 3e arrondissements. 200 participants à l’assemblée provoquée hier soir par l’association des propriétaires et co-propriétaires au théâtre de la Minoterie. Un débat très passionné.


Marie-Isabelle Adelbert est venue s’asseoir dans la salle du théâtre de la Minoterie pour assister à l’assemblée provoquée hier soir par l’association des propriétaires et co-propriétaires des 2e et 3e arrondissements, présidée par Georges Sanchis. A l’ordre du jour, le présent et le devenir de ces quartiers dans le cadre du projet Euroméditerranée.
    Marie-Isabelle Adelbert demeure rue de l’Evêché et vient « pour voir un peu ce qu’il en retourne et savoir si les occupants de l’immeuble dans lequel elle vit ne feront pas l’objet d’expulsions ».
    Comme elle, ils étaient hier soir deux bonnes centaines à soumettre au feu roulant des questions Guillaume Kolf, directeur de projet « rénovation urbaine » au sein d’Euroméditerranée, et Lisette Narducci, maire (PS) du secteur.
    L’assistance a exprimé sous de multiples formes, parfois plus que passionnées, une considérable aspiration à voir à l’œuvre « une véritable concertation, pas après que tout ai été réglé, avant et pendant ».
    Après trois heures de discussions, des habitants encerclaient encore la « tribune officielle », poussant ceux qu’ils considérent comme des « décideurs » dans leurs derniers retranchements.
    Lisette Narducci n’en a pas pris ombrage. L’élue a mis à profit l’âpreté de la confrontation pour avancer des réponses précises, ou pour définir les limites de son intervention au regard des prérogatives de la mairie centrale, pas représentée hier soir. Les échanges n’en auraient été que plus fructueux sur des dossiers très sensibles comme celui de la sécurité. Sur ce point, les témoignages, parfois subjectifs, mais parfois aussi bien réels, soulignent l’acuité de la question. La prise de parole d’un SDF qui a lancé à la cantonade que « face au désert social, tout ce que vous trouvez à faire c’est répondre avec des flics » a mis le feu aux poudres.


Interventions à fleur
de peau


    Cette intervention à fleur de peau en a suscité d’autres qui l’étaient tout autant. Elle a aussi permis de poser une nouvelle fois le problème des individus en errance, et des lieux destinés à les accueillir. Ces derniers sont concentrés dans ces arrondissements qui ne peuvent pas accuellir « toute la misère du monde », dira Lisette Narducci. « Qu’on en mette aussi à Mazargues », fusera plusieurs fois de la salle.
    Pour éviter des dérives malsaines et indignes comme l’ont laissé percevoir quelques réactions, il convient de répondre au plus vite au mécontentement. Cela passe notammentr par des moyens et des équipements publics.
    Cela vaut pour la sécurité comme pour toutes les autres questions que soulève Euroméditérranée.
    « Nous manquons de stades, de piscines, de lieu de rencontre et de conviavilité, d’espaces verts, de strcutures socioculturelles et on nous parle de quartier d’affaires, de tours, de banques qui pullulent dans le secteur », dira un habitant. Le principal du collège Jean-Claude-Izzo ajoutera « qu’Euroméditerranée oublie tout simplement de donner une place à l’enfant dans son projet ».
    Guillaume Kolf, dont la tâche n’était pas aisée, a essayé de répondre à toutes les questions. Mais il semble qu’entre les concepteurs du projet Euroméditérranée -qui n’est pas en soi une mauvaise chose pour Marseille- et les Marseillais présents hier soir, la crise de confiance perdure.


MICHEL DEL PICCHIA




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